"Moi, Charlotte Simmons", de Tom Wolfe
Élève brillante issue d'une famille modeste aux principes rigoureux, Charlotte Simmons est la première lycéenne de son comté rural à être admise à la prestigieuse Dupont University. Depuis des décennies, cette vénérable institution, l'égale de Harvard ou de Yale, façonne l'élite de l'Amérique. Pourtant, à sa grande surprise, Charlotte va bientôt découvrir que derrière les antiques façades du campus la quête du plaisir est plus en vogue que celle du savoir, et que le prestige individuel se mesure moins au tableau d'honneur qu'au tableau de chasse.
Livrée à elle-même dans ce monde clos aux règles impitoyables, la jolie et naïve Charlotte saura-t-elle résister à la tentation de devenir elle aussi une des reines de la fête ?
Livrée à elle-même dans ce monde clos aux règles impitoyables, la jolie et naïve Charlotte saura-t-elle résister à la tentation de devenir elle aussi une des reines de la fête ?
Thèmes : L'alcool, le sexe, la fête... La jeunesse d'aujourd'hui.
La publication de ce livre s'est révélée pour moi être un ravissement parce que je croyais être Charlotte Simmons. Tom Wolfe, l'auteur, avait fait la promotion de son livre en 2006 sur le plateau de "Tout le monde en parle", émission culturelle présentée jadis par Thierry Ardisson.
L'écrivain semblait vouloir y dénoncer les vices de la société actuelle, ce qui ne demeure pas encore, me semble-t-il, être un sujet très prisé dans l'actualité littéraire.
Fervente amatrice de cette thématique particulière, je me faisais une joie de mettre la main sur ce bouquin. Cependant, l'émoustillement n'a guère duré : les investigations, louables, du vieil auteur pour rendre sa fiction cohérente et proche des moeurs et du langage actuel se sont avérées, à mes yeux, relativement boiteuses (peut-être l'Europe décline-t-elle moins vite que l'Amérique?), et bien qu'avertie du dénouement de l'histoire (T. Wolfe n'avait rien laissé en suspens chez Ardisson), mon enchantement s'est malgré tout évanoui au fil du récit.
Peut-être à cause du fait que Tom Wolfe a dépeint la jeune provinciale qu'est Charlotte Simmons comme un temple de valeurs et de vertu qu'elle n'avait pas dans les tripes mais qu'on lui avait bel et bien inculquées (ce qui fait d'elle quelqu'un d'aussi stupide que la masse dans laquelle elle virevolte, après tout), mais aussi parce que la forme - sans compter ce patois fuck intraduisible en français, qui lasse énormément (c'est peu de le dire) - m'a paru... rébarbative.
La traduction n'était probablement pas des meilleures. Mais quoiqu'il en soit, la manie qu'a de toute façon Wolfe d'énoncer noir sur blanc les faits en plus de les suggérer m'est dérangeante.
Dénonciation à la fois trop radicale et trop implicite à mon goût.
J'aurais souhaité que Charlotte demeure réellement quelqu'un d'intelligent.
Evaluation : 7/10
La publication de ce livre s'est révélée pour moi être un ravissement parce que je croyais être Charlotte Simmons. Tom Wolfe, l'auteur, avait fait la promotion de son livre en 2006 sur le plateau de "Tout le monde en parle", émission culturelle présentée jadis par Thierry Ardisson.
L'écrivain semblait vouloir y dénoncer les vices de la société actuelle, ce qui ne demeure pas encore, me semble-t-il, être un sujet très prisé dans l'actualité littéraire.
Fervente amatrice de cette thématique particulière, je me faisais une joie de mettre la main sur ce bouquin. Cependant, l'émoustillement n'a guère duré : les investigations, louables, du vieil auteur pour rendre sa fiction cohérente et proche des moeurs et du langage actuel se sont avérées, à mes yeux, relativement boiteuses (peut-être l'Europe décline-t-elle moins vite que l'Amérique?), et bien qu'avertie du dénouement de l'histoire (T. Wolfe n'avait rien laissé en suspens chez Ardisson), mon enchantement s'est malgré tout évanoui au fil du récit.
Peut-être à cause du fait que Tom Wolfe a dépeint la jeune provinciale qu'est Charlotte Simmons comme un temple de valeurs et de vertu qu'elle n'avait pas dans les tripes mais qu'on lui avait bel et bien inculquées (ce qui fait d'elle quelqu'un d'aussi stupide que la masse dans laquelle elle virevolte, après tout), mais aussi parce que la forme - sans compter ce patois fuck intraduisible en français, qui lasse énormément (c'est peu de le dire) - m'a paru... rébarbative.
La traduction n'était probablement pas des meilleures. Mais quoiqu'il en soit, la manie qu'a de toute façon Wolfe d'énoncer noir sur blanc les faits en plus de les suggérer m'est dérangeante.
Dénonciation à la fois trop radicale et trop implicite à mon goût.
J'aurais souhaité que Charlotte demeure réellement quelqu'un d'intelligent.
Evaluation : 7/10
publié par Reka dans: Lectures
L'éternité c'est long, surtout vers la fin.
Franz Kafka
publié par Reka dans: Lectures
« Le réel parait sans valeur au prix de ce qu'entrevoient comme possible les imaginations enfiévrées ; on s'en détache donc, mais pour se détacher ensuite du possible quand, à son tour, il devient réel. On a soif de choses nouvelles, de jouissances ignorées, de sensations innommées, mais qui perdent toute leur saveur dès qu'elles sont connues. Dès lors, que le moindre revers survienne et l'on est sans forces pour le supporter. Toute cette fièvre tombe et l'on s'aperçoit combien ce tumulte était stérile [...]. »
Emile Durkheim, extrait de « Le suicide »
(Quel poète)
publié par Reka dans: Lectures
"C'était tellement mieux avant : petit précis d'antépathie contemporaine", de Lucas Fournier :
Antépathie : substantif féminin (du latin ante : avant, et du grec pathos : souffrance), maladie de celui qui souffre à cause de ce qui était "avant". Tous les cas connus à ce jour dans le monde sont exclusivement français.
L'antépathe souffre obsessionnellement du besoin de retourner vers avant : l'adolescence, la prime enface et encore plus loin même, dans le ventre maternel, dans les gènes des ancêtres, l'origine des origines. Cette affection touche à la fois l'individu et la société toute entière.
Principaux symptomes : obstination à faire des projets de passé, à revisiter l'histoire (grande ou petite), à réinventer l'ancien, à redécouvrir l'authentique, à commémorer, à se repentir, à retomber en enfance et même en très petite enfance, à vénérer avant, les musées, les vieillards, les ours, l'école, les câlins, les doudous, les arts premiers, les anniversaires et Jean Ier le Posthume.
L'antépathe souffre obsessionnellement du besoin de retourner vers avant : l'adolescence, la prime enface et encore plus loin même, dans le ventre maternel, dans les gènes des ancêtres, l'origine des origines. Cette affection touche à la fois l'individu et la société toute entière.
Principaux symptomes : obstination à faire des projets de passé, à revisiter l'histoire (grande ou petite), à réinventer l'ancien, à redécouvrir l'authentique, à commémorer, à se repentir, à retomber en enfance et même en très petite enfance, à vénérer avant, les musées, les vieillards, les ours, l'école, les câlins, les doudous, les arts premiers, les anniversaires et Jean Ier le Posthume.
Une dénonciation exprimée aussi légèrement qu'efficacement.
L'auteur truffe son livre de références qui étonnamment parlent à tout le monde (pas seulement aux antépathes qui seraient hypothétiquement en majorité à dépasser la quarantaine...), et ça n'est forcément pas pour déplaire.
Ce livre n'a pas manqué de me faire sourire quelques fois en dépit de passages qui m'ont parfois paru longuets (et par conséquent, moins amusants).
Ouvrage plaisant, mais qui ne dénonce pas ce que j'aurais voulu lire et avec lequel je me suis parfois trouvée en désaccord.
On ne peut pas toujours vouloir que les écrivains parlent de/pour vous à votre place, même si ça ferait un bien fou d'être de temps en temps conforté dans ses idées.
Evaluation : 6.5/10
Ce livre n'a pas manqué de me faire sourire quelques fois en dépit de passages qui m'ont parfois paru longuets (et par conséquent, moins amusants).
Ouvrage plaisant, mais qui ne dénonce pas ce que j'aurais voulu lire et avec lequel je me suis parfois trouvée en désaccord.
On ne peut pas toujours vouloir que les écrivains parlent de/pour vous à votre place, même si ça ferait un bien fou d'être de temps en temps conforté dans ses idées.
Evaluation : 6.5/10
publié par Reka dans: Lectures
Le bonheur humain est composé de tant de pièces qu'il en manque toujours.
Bossuet
publié par Reka dans: Lectures



