Jeudi 28 Juin 2007
"Moi, Charlotte Simmons", de Tom Wolfe


Élève brillante issue d'une famille modeste aux principes rigoureux, Charlotte Simmons est la première lycéenne de son comté rural à être admise à la prestigieuse Dupont University. Depuis des décennies, cette vénérable institution, l'égale de Harvard ou de Yale, façonne l'élite de l'Amérique. Pourtant, à sa grande surprise, Charlotte va bientôt découvrir que derrière les antiques façades du campus la quête du plaisir est plus en vogue que celle du savoir, et que le prestige individuel se mesure moins au tableau d'honneur qu'au tableau de chasse.
Livrée à elle-même dans ce monde clos aux règles impitoyables, la jolie et naïve Charlotte saura-t-elle résister à la tentation de devenir elle aussi une des reines de la fête ?


Thèmes : L'alcool, le sexe, la fête... La jeunesse d'aujourd'hui.

La publication de ce livre s'est révélée pour moi être un ravissement parce que je croyais être Charlotte Simmons. Tom Wolfe, l'auteur, avait fait la promotion de son livre en 2006 sur le plateau de "Tout le monde en parle", émission culturelle présentée jadis par Thierry Ardisson.
L'écrivain semblait vouloir y dénoncer les vices de la société actuelle, ce qui ne demeure pas encore, me semble-t-il, être un sujet très prisé dans l'actualité littéraire.
Fervente amatrice de cette thématique particulière, je me faisais une joie de mettre la main sur ce bouquin. Cependant, l'émoustillement n'a guère duré : les investigations, louables, du vieil auteur pour rendre sa fiction cohérente et proche des moeurs et du langage actuel se sont avérées, à mes yeux, relativement boiteuses (peut-être l'Europe décline-t-elle moins vite que l'Amérique?), et bien qu'avertie du dénouement de l'histoire (T. Wolfe n'avait rien laissé en suspens chez Ardisson), mon enchantement s'est malgré tout évanoui au fil du récit.
Peut-être à cause du fait que Tom Wolfe a dépeint la jeune provinciale qu'est Charlotte Simmons comme un temple de valeurs et de vertu qu'elle n'avait pas dans les tripes mais qu'on lui avait bel et bien inculquées (ce qui fait d'elle quelqu'un d'aussi stupide que la masse dans laquelle elle virevolte, après tout), mais aussi parce que la forme - sans compter ce patois fuck intraduisible en français, qui lasse énormément (c'est peu de le dire) - m'a paru... rébarbative.
La traduction n'était probablement pas des meilleures. Mais quoiqu'il en soit, la manie qu'a de toute façon Wolfe d'énoncer noir sur blanc les faits en plus de les suggérer m'est dérangeante.
Dénonciation à la fois trop radicale et trop implicite à mon goût.
J'aurais souhaité que Charlotte demeure réellement quelqu'un d'intelligent.

Evaluation : 7/10

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